Les différents types de congés en France : règles et gestion

Congés payés, maternité, paternité, événements familiaux, maladie, proche aidant ou congé sabbatique : les salariés peuvent bénéficier de différents types de congés selon leur situation. Pour l’employeur, chacun de ces dispositifs implique des règles, des justificatifs et des modalités de suivi spécifiques. Découvrez les principaux congés en France et les bonnes pratiques pour organiser leur gestion dans l’entreprise.

17/01/2018 par Hicham HMICHE

Les différents types de congés en France

Quels sont les principaux types de congés en France ?

Le droit du travail prévoit plusieurs catégories de congés. Certains correspondent à des droits acquis grâce au travail effectué, tandis que d’autres sont liés à un événement familial, à l’état de santé, à l’accompagnement d’un proche ou à un projet personnel ou professionnel.

Les congés payés

Les congés payés permettent au salarié de s’absenter tout en percevant une indemnité. Les droits sont acquis au cours d’une période de référence et leur prise doit respecter les règles applicables dans l’entreprise, la convention collective et les dates fixées ou validées par l’employeur.

L’entreprise doit suivre les jours acquis, pris, restants ou éventuellement reportés pour chaque salarié. Elle doit également anticiper les absences afin de préserver la continuité de l’activité.

Les congés liés à un événement ou à une situation particulière

D’autres congés sont accordés à l’occasion d’une naissance, d’une adoption, d’un mariage, d’un Pacs, d’un décès, d’une maladie ou de l’accompagnement d’un proche. Leur durée, leur rémunération et les démarches à accomplir varient selon le dispositif.

Des dispositions conventionnelles ou collectives peuvent prévoir des droits plus favorables que les minimums légaux. Il est donc important de vérifier la convention collective applicable à l’entreprise.

Les congés liés à la parentalité et à la famille

Le congé de maternité

Le congé de maternité permet à une salariée de suspendre son contrat de travail avant et après la naissance de son enfant. Sa durée dépend notamment du nombre d’enfants déjà à charge et du nombre d’enfants attendus.

Pour une première ou une deuxième naissance simple, la durée légale habituelle est de 16 semaines, réparties entre la période prénatale et la période postnatale. Des durées plus longues s’appliquent notamment à partir du troisième enfant ou en cas de naissances multiples.

À l’issue du congé, la salariée doit retrouver son précédent emploi ou un emploi similaire assorti d’une rémunération au moins équivalente. Certaines situations médicales ou liées à la date réelle de l’accouchement peuvent modifier la répartition ou la durée du congé.

Le congé de paternité et d’accueil de l’enfant

Le congé de paternité et d’accueil de l’enfant est accordé au père de l’enfant ainsi que, selon la situation familiale, à la personne vivant avec la mère. Il s’ajoute au congé de naissance.

Sa durée est de 25 jours calendaires pour une naissance simple et de 32 jours calendaires en cas de naissances multiples. Une première période obligatoire de 4 jours calendaires doit être prise immédiatement après le congé de naissance de 3 jours ouvrables. La période restante peut être prise en une ou deux fois, dans les délais prévus par la réglementation.

Le salarié doit informer l’employeur de la date prévisionnelle de l’accouchement et des dates de congé en respectant le délai applicable. Sous réserve de remplir les conditions, il peut percevoir des indemnités journalières de la Sécurité sociale.

Les congés pour événements familiaux

Le salarié bénéficie d’autorisations d’absence à l’occasion de certains événements familiaux : mariage, Pacs, naissance, adoption ou décès d’un membre de sa famille.

  • 4 jours pour le mariage ou le Pacs du salarié ;
  • 1 jour pour le mariage d’un enfant ;
  • 3 jours pour une naissance ou l’arrivée d’un enfant placé en vue de son adoption ;
  • une durée variable en cas de décès, selon le lien avec la personne décédée.

Ces durées correspondent à des minimums légaux. Une convention collective ou un accord d’entreprise peut prévoir des dispositions plus favorables. Les jours accordés ne doivent pas être déduits des congés payés annuels.

Le congé pour enfant malade

Un salarié peut bénéficier de jours d’absence pour s’occuper d’un enfant malade ou victime d’un accident, sous réserve de fournir un certificat médical. Ce congé concerne en principe les enfants de moins de 16 ans dont le salarié assume la charge.

La durée légale est généralement de 3 jours par an. Elle peut être portée à 5 jours lorsque l’enfant a moins d’un an ou lorsque le salarié assume la charge d’au moins trois enfants de moins de 16 ans. En principe, cette absence n’est pas rémunérée, sauf disposition conventionnelle plus favorable.

Le congé parental d’éducation

Après la naissance ou l’adoption d’un enfant, un salarié remplissant la condition d’ancienneté peut demander un congé parental d’éducation à temps plein ou une réduction de son temps de travail.

La durée initiale est d’un an maximum et peut être renouvelée dans les limites liées à l’âge de l’enfant et à la situation familiale. Pendant un congé parental à temps plein, le contrat de travail est suspendu et l’employeur ne verse pas de salaire. Le salarié peut toutefois bénéficier de prestations sous certaines conditions.

La demande doit être transmise à l’employeur dans les délais prévus, qui diffèrent selon que le congé commence immédiatement après un congé de maternité ou d’adoption.

Le congé d’adoption

Le congé d’adoption permet au salarié qui accueille un enfant en vue de son adoption de suspendre temporairement son contrat de travail. Sa durée dépend du nombre d’enfants adoptés, du nombre d’enfants déjà présents dans le foyer et du partage éventuel du congé entre les deux parents.

À la fin du congé, le salarié doit retrouver son précédent emploi ou un emploi similaire assorti d’une rémunération au moins équivalente. Les dates d’arrivée de l’enfant et de début du congé doivent être communiquées à l’employeur.

Les congés pour raisons personnelles, médicales ou professionnelles

L’arrêt de travail pour maladie

Lorsqu’un médecin prescrit un arrêt de travail, le salarié doit informer son employeur et transmettre les documents nécessaires dans les délais applicables. Le contrat de travail est suspendu pendant la durée de l’arrêt.

Selon sa situation, le salarié peut percevoir des indemnités journalières de l’Assurance maladie ainsi qu’un complément de salaire versé par l’employeur ou prévu par la convention collective.

Le congé de solidarité familiale

Le congé de solidarité familiale permet à un salarié d’assister un proche en fin de vie. Il peut être pris à temps plein ou, avec l’accord de l’employeur, sous la forme d’une activité à temps partiel.

Sa durée est fixée par la convention ou l’accord collectif applicable. En l’absence de disposition conventionnelle, elle est de 3 mois, renouvelable une fois. Le congé n’est en principe pas rémunéré par l’employeur, mais le salarié peut demander une allocation journalière sous certaines conditions.

Le congé de proche aidant

Le congé de proche aidant permet à un salarié de cesser temporairement son activité ou de travailler à temps partiel pour accompagner une personne handicapée, âgée ou en perte d’autonomie avec laquelle il entretient un lien familial ou étroit et stable.

Sa durée est fixée par la convention ou l’accord collectif applicable. En l’absence de disposition particulière, sa durée maximale est de 3 mois, renouvelable sans pouvoir dépasser la limite légale sur l’ensemble de la carrière. Sous certaines conditions, le salarié peut percevoir l’allocation journalière du proche aidant.

Le congé sabbatique

Le congé sabbatique permet à un salarié remplissant les conditions d’ancienneté et d’activité professionnelle de suspendre son contrat afin de réaliser un projet personnel. Il n’a pas à justifier la nature de ce projet auprès de l’employeur.

Sa durée est définie par la convention ou l’accord collectif applicable ou, à défaut, par les règles légales. Le salarié n’est pas rémunéré pendant cette période. L’employeur peut, selon la situation de l’entreprise et les conditions prévues par la loi, accepter, reporter ou refuser la demande.

Le congé pour création ou reprise d’entreprise

Le congé pour création ou reprise d’entreprise permet à un salarié remplissant la condition d’ancienneté de suspendre son contrat ou de passer temporairement à temps partiel afin de développer son projet.

La demande doit préciser la date de départ, la durée envisagée et l’activité concernée. L’employeur peut accepter, reporter ou, dans certaines situations, refuser la demande en respectant les conditions et délais prévus par la réglementation.

Le projet de transition professionnelle

Le projet de transition professionnelle permet à un salarié de s’absenter afin de suivre une formation certifiante destinée à changer de métier ou de profession. Ce dispositif a remplacé l’ancien congé individuel de formation.

Le salarié doit remplir des conditions d’ancienneté, obtenir une autorisation d’absence de son employeur et déposer une demande de prise en charge auprès de l’organisme compétent. Les démarches et délais varient selon la durée et l’organisation de la formation.

Le congé sans solde

Le congé sans solde n’est pas encadré de manière générale par le Code du travail. Il repose sur un accord entre le salarié et l’employeur, sauf lorsqu’une convention collective ou une règle interne prévoit des dispositions particulières.

Pendant cette période, le contrat de travail est suspendu et le salarié ne perçoit pas de rémunération. Il est recommandé de formaliser par écrit les dates, la durée et les conditions de retour dans l’entreprise.

Les autres congés et autorisations d’absence

D’autres congés ou autorisations d’absence peuvent être prévus pour répondre à des situations spécifiques : engagement associatif, mandat électif ou syndical, catastrophe naturelle, solidarité internationale, activité d’enseignement ou participation à certaines instances.

Les conditions, la durée et la rémunération éventuelle dépendent du dispositif concerné. L’employeur doit donc identifier la nature exacte de la demande avant de l’enregistrer et de la traiter.

Comment gérer les différents congés dans l’entreprise ?

Centraliser les demandes et les soldes de congés

La multiplication des types de congés peut rendre le suivi complexe. L’entreprise doit connaître les droits de chaque salarié, distinguer les congés rémunérés ou non rémunérés et conserver les justificatifs associés aux demandes.

Un logiciel gestion des congés permet de centraliser les demandes, d’automatiser les circuits de validation et de donner aux salariés comme aux managers une vision claire des absences et des soldes disponibles.

La centralisation évite les demandes dispersées par email, les erreurs de saisie et les mises à jour manuelles de plusieurs fichiers. Elle permet également de conserver un historique fiable des validations.

Appliquer les bonnes règles à chaque type d’absence

Toutes les absences ne suivent pas les mêmes règles. Certaines nécessitent un justificatif, d’autres doivent être demandées dans un délai précis ou ne peuvent pas être refusées lorsque les conditions légales sont réunies.

Le service RH doit paramétrer les différents motifs d’absence et s’assurer que les droits appliqués correspondent à la loi, à la convention collective et aux accords internes de l’entreprise.

Anticiper les absences et informer les équipes

Une bonne gestion des congés doit également faciliter l’organisation du travail. Les managers doivent disposer d’un calendrier à jour afin d’anticiper les périodes de forte absence, de répartir les missions et d’assurer la continuité de l’activité.

Les salariés doivent pouvoir consulter leurs droits et suivre l’état de leur demande de congé sans solliciter systématiquement le service RH. Cette transparence réduit les incompréhensions et simplifie les échanges.

  • définir clairement les différents motifs d’absence ;
  • mettre à jour les règles légales et conventionnelles ;
  • informer les salariés des délais et justificatifs nécessaires ;
  • centraliser les demandes et les validations ;
  • donner aux managers une vision du planning des absences ;
  • conserver un historique des demandes et des décisions ;
  • contrôler régulièrement les soldes de congés.

En conclusion, les différents types de congés répondent à des situations très variées et ne suivent pas tous les mêmes règles. L’entreprise doit donc distinguer précisément chaque motif, vérifier les droits applicables et informer clairement les salariés.

En centralisant les demandes, les justificatifs, les validations et les soldes, le service RH peut sécuriser le suivi des absences tout en facilitant l’organisation des équipes.

Vous souhaitez une démonstration gratuite de notre outil ?

Une démonstration complète et individuelle de notre outil

Je réserve une démonstration

Essai 14 jours

Aucune carte de crédit demandée